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Articles

Affichage des articles du novembre, 2017

Alessandro Baricco, La jeune épouse

La sposa giovane , traduit par Vincent Raynaud Italie, début du XX e  siècle. Un beau jour, la Jeune Épouse fait son apparition devant la Famille. Elle a dix-huit ans et débarque d'Argentine car elle doit épouser le Fils. En attendant qu’il rentre d’Angleterre, elle est accueillie par la Famille. La Jeune Épouse vit alors une authentique initiation sexuelle : la Fille la séduit et fait son éducation, dûment complétée par la Mère, et le Père la conduit dans un bordel de luxe où elle écoutera un récit édifiant, qui lui dévoilera les mystères de cette famille aux rituels aussi sophistiqués qu'incompréhensibles. Mais le Fils ne revient toujours pas, il se contente d’expédier toutes sortes d’objets étranges, qui semblent d’abord annoncer son retour puis signifient au contraire sa disparition. Quand la Famille part en villégiature d’été, la Jeune Épouse décide de l'attendre seule, une attente qui sera pleine de surprises.  Avec délicatesse et virtuosité, l'auteur de  Soi...

Claudio Magris, Classé sans suite

Dans ce roman violent, tendre et passionné, Claudio Magris se confronte à l’obsession de la guerre, quels que soient l’époque et le pays, une guerre universelle, indissociable de la vie même, rouge de sang, noire comme les cales des navires négriers, sombre comme la mer qui engloutit les trésors et les destins, grise comme la fumée des corps brûlés dans le four crématoire nazi de la Rizerie de San Sabba à Trieste, blanche comme la chaux qui recouvre le sépulcre et les noms des bourreaux. Classé sans suite est l’histoire d’un grotesque Musée de la Guerre pour l’avènement de la Paix, de ses salles et de ses armes dont chacune est une archive de passions et de délires ; c’est l’histoire de l’homme qui sacrifie sa vie à son projet maniaque, puis se rachète enfin dans la recherche acharnée d’une atroce vérité cachée ; c’est l’histoire d’une femme, Luisa, héritière de l’exil juif, de l’esclavage des Noirs et des vicissitudes d’une foule d’autres personnages en des temps et dans des pays...

Paolo Cognetti, Les huit montagnes, Prix Médicis étranger 2017

Les écrivains adorent la montagne, autant que la mer. En voici un qui lui doit une renaissance. Paolo Cognetti, qui vit dans le val d'Aoste, consacre à la montagne un livre étonnant, bouleversant. Il a reçu l’équivalent du Prix Goncourt italien puis le prix Médicis étranger ce jeudi 9 novembre. Rencontre avec un écrivain descendu de ses sommets. Qu'est ce que la montagne représente pour vous ? Paolo Cognetti :  C'est le lieu où je vis la moitié du temps depuis dix ans, dans le val d'Aoste. J'y ai une petite maison, à quelques kilomètres d'un village où ne vivent à temps plein que quatre personnes. Mes parents étaient des campagnards exilés en ville, à Milan, où je suis né et où j'ai été élevé. Ils m'y amenaient l'été. Cela a été un lieu de rapports très forts avec mon père. Puis j'ai vécu une dizaine d'années de citadin et de voyageur. J'ai pu faire des documentaires sur des écrivains américains (Robert Littel, Rick Moody...)...